Pol Espargaró a donc marqué un peu plus l’histoire du projet KTM en MotoGP durant ce 50è Grand Prix de France. Une édition terminée à une belle sixième place, sur une piste du Bugatti sèche, en combattant bec et ongles dans un peloton où il a rendu autant de coups qu’il en a pris. Il y a eu aussi des dégâts collatéraux, mais de cette mêlée, le pilote de la RC16 est ressorti grandi. Il livre aujourd’hui quelle était sa stratégie…

Elle était finalement assez simple et exigeante : ne rien lâcher et tout supporter. Cela étant dit, il y a eu des moments compliqués… L’officiel de Mattighofen explique : « il y a d’abord eu la bataille avec Petrucci. Danilo a une étrange façon de doubler. Il ne se soucie de rien. Il entre dans la courbe, met les gaz et te touche. J’ai commencé avec Vale au début parce que je pensais que je pouvais aller plus vite que lui au début… Mais il y a des façons décentes de dépasser. La collision avec Danilo était féroce. Je suis content d’être resté sur mes roues. J’ai les traces de son aile sur le cul. Il a aussi touché ma cuisse. Danilo et moi avons des idées différentes sur la course. C’était un incident de course trop difficile. Aujourd’hui, j’ai toujours freiné très tard, il ne voyait pas d’autre possibilité de doubler que de me bousculer. Ensuite Franky Morbidelli m’a aussi fait des bleus… ».

Pol Espargaró a aussi violemment fermé la porte à Viñales et ce dernier a dû freiner tellement fort qu’il a été percuté par Bagnaia qui le suivait… Mais il ne pouvait en être autrement. L’Espagnol de 27 ans explique en effet : « j’ai défendu ma position parce que je pensais pouvoir piloter plus vite que lui. J’ai pu freiner plus tard et rouler plus vite que la Yamaha… Après quelques virages, nous avons même eu une accélération un peu meilleure. Parce que notre vitesse de courbe était plus lente, ils me rattrapaient tous au milieu de la courbe ».

« La seule chance de me doubler était avec la vitesse de virage. C’est pourquoi tous mes adversaires, comme les fous, sont restés coincés dans les virages pour m’attraper. Mais j’ai farouchement résisté parce que je savais que nous accélérions mieux et que nous avions une bonne vitesse de pointe en ligne droite. Si vous avez des points forts sur la moto, vous pouvez vous battre contre les meilleurs. J’ai vu que les autres n’étaient pas des dieux non plus. Ils ont juste de bonnes motos. Si nous parvenons à rendre la KTM compétitive, nous pourrons suivre les rivaux et nous battre ».

Il termine : « notre moto V4 a un certain caractère. Vous devez tirer parti de ces atouts… Si la vitesse dans la courbe est un point faible, il vous suffit de bloquer la ligne idéale. Ensuite, les adversaires vous bousculent… Mais ils ne passent plus aussi facilement qu’avant. Comme je le disais : il faut utiliser les avantages du KTM de manière intelligente ». A bon entendeur…



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