A force de donner des coups au guidon d’une Honda dont il semble connaître seul l’intime secret de son fonctionnement efficient, Marc Márquez finit par assommer ses adversaires. Et à leur donner le doute, prélude au découragement. Chez Ducati, c’est une ambiance morose qui régnait chez les rouges qui avaient pourtant trois motos parmi les quatre premiers. Certes, mais derrière ce diable d’Espagnol qui construit patiemment son huitième titre. Entre Dovizioso qui demande plus à son employeur qui se demande, lui, si son pilote est du bon calibre pour tenir la dragée haute au phénomène Honda, il semblerait que la belle cohésion cimentée durant l’intersaison se fissure…

Pourtant, Danilo Petrucci assure que tout est mis en œuvre pour contrarier Marc Márquez : « Dovizioso et moi faisons de notre mieux, nous ne pouvons pas en faire plus. Avec cette moto, on ne peut pas aller plus fort que ça ». L’écart avec la Honda de Márquez devrait donc plutôt être recherché sur le plan technique. Le mal viendrait du retard chronique dans les virages, ce qui entraîne une usure accrue du pneu arrière, une vitesse insuffisante. « Ce que nous avons n’est pas suffisant, je n’ai aucune carte à jouer contre Marc » confesse Dovizioso. « Nous devons étudier ce qui ne fonctionne pas comme nous le voudrions, analyser ce qui s’est passé, trouver des possibilités d’amélioration, essayer de comprendre comment nous pouvons progresser ».

Il insiste : « ma vitesse n’était pas si mauvaise en France, mais pas assez, je n’avais pas 100% de confiance avant la course, nous devons analyser et comprendre ce week-end car nous devons trouver quelque chose. Marc et Honda sont un peu plus forts que nous. Nous devons gérer les pneus un peu mieux, car, au Mans, j’ai eu beaucoup de problèmes » a déclaré Dovizioso. « La deuxième place, c’est bien, mais je devais me battre avec la moto et surtout avec le pneu arrière, ce qui n’est pas bien si on veut se battre pour le titre mondial. Finalement, j’étais trop lent, je ne pouvais tenir un bon rythme que jusqu’à la moitié de la course. C’est négatif, mais nous devons rester calmes car nous sommes proches dans la course au titre ».

En effet, le même Dovizioso rappelle la situation mathématique : « nous devons être satisfaits de ces 20 points en France et de la situation au championnat. En 2017, je totalisais 54 points après cinq courses. Il y en avait 46 en 2018 et actuellement 87. C’est une grande différence. Tout est ouvert » assure l’Italien qui va devoir tout de même forcer son talent dès le Mugello, la prochaine échéance. Car du côté de Ducati, si on ne nie pas un gap technique à passer, on n’a pas été convaincu de la grande attaque de son leader, préservé par son équipier et épargné par Jack Miller.

Un sentiment que le même Dovizioso écarte du bras : « si vous étiez en Formule 1, alors oui, vous pourriez parler de consignes d’équipe, mais dans notre championnat, ça n’existe pas. Surtout pas au début de la saison. Cela dépend de votre façon de voir les choses. Si vous voulez obtenir le maximum de points, cela pourrait être une bonne idée, mais dans notre sport, la situation est généralement différente ». Il ajoute cependant : « Danilo a essayé et il n’a rien fait de bizarre. Nous n’avons pas besoin de ça ».

Petrux ajoute : « je ne voulais pas avoir un désastre avec mon coéquipier car Andrea est aussi un très bon ami. S’il s’était produit la même chose qu’en 2016 en Argentine, on m’aurait attendu avec des bâtons dans le box. Andrea est un adversaire normal mais il joue aussi le titre. Je ne voulais pas gâcher le résultat ».

On rappellera que c’est dans cette ambiance qu’Andrea Dovizioso ira faire une course automobile dans une Audi du championnat DTM ce week-end, avant de se préparer pour le Grand Prix d’Italie de la fin de ce moins de mai…



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