Au fur et à mesure que les jours s’écoulent depuis que le coronavirus s’est imposé au monde et à son quotidien, c’est comme si on s’enfonçait chaque jour plus profond dans le tunnel d’une mine. La lumière au bout de celui-ci ne sera donc pas visible de sitôt, et déjà parce qu’il faudra inverser le sens de la marche. En MotoGP, le sentiment est le même et l’équilibre économique y devient tendu. Hervé Poncharal, patron du team Tech3, mais aussi haut représentant de l’association des équipes qu’est l’IRTA, a fait un point sur cette situation qui finira bien par trouver son issue. Mais la saison 2020 ne sera certainement pas celle attendue…

Le MotoGP s’est arrêté en même temps que le coronavirus a décidé de défier l’humanité et son organisation sociale. Dans le marasme planétaire actuel, le monde des Grands Prix n’est qu’une conséquence latérale parmi tant d’autres. Et le pire, c’est que personne ne peut rien faire pour influer d’une manière ou d’une autre sur la situation : « je suis en contact avec Carmelo et son fils Carlos Ezpeleta presque tous les jours, ainsi qu’avec le PDG de l’IRTA Mike Trimby et le président de la FIM Jorge Viegas » commente Hervé Poncharal.

« Pour le moment, nous ne pouvons rien ignorer, nous devons être honnêtes et admettre : personne n’a la moindre idée de la distance de propagation du virus, et personne n’a la moindre idée de la durée pendant laquelle les nouvelles réglementations et mesures strictes resteront en vigueur pour nous. » Un discours vérité que le Français étaye par ce simple rappel des faits : « la plupart des pays européens se sont bouclés. Les grands événements sportifs ont été annulés, toutes les courses cyclistes bien connues, le tournoi de tennis de Roland Garros, le Championnat d’Europe de football n’auront lieu qu’en 2021, et il y a un énorme point d’interrogation derrière les Jeux Olympiques au Japon en juillet. »

De ce constat général découle évidemment cette conclusion particulière : « il serait déraisonnable de faite des prévisions pour le calendrier MotoGP 2020 aujourd’hui, ce serait carrément stupide. Entre-temps, toutes les personnes impliquées ont compris que le problème ne disparaîtra pas en quelques semaines. Le circuit de Jerez est fermé, nous connaissons la situation au Texas et la Malaisie est également touchée. »

 

 

 

« Donc, avant que nous puissions reprendre une vie normale et rassembler 100 000 personnes sur un circuit un dimanche de course, quelques semaines s’écouleront. Jusqu’à ce retour, beaucoup d’eau coulera encore sous le pont. » Puis le Français entre dans le concret : « si vous me demandez mon avis personnel, il nous reste 19 Grands Prix à faire. Pour moi, cependant, il semble impossible que nous ayons l’occasion de vraiment faire ce chiffre. Quiconque pense que nous pouvons commencer la saison le 3 mai à Jerez est un doux rêveur. C’est mon opinion personnelle. Mais je regarde attentivement l’évolution de la situation. Nous voyons tous les pays resserrer leurs mesures de jour en jour. Je soupçonne fortement les Grands Prix du mois de mai d’être en grand danger, à savoir Jerez, Le Mans et Mugello. Nous pouvons nous compter chanceux si nous pouvons redémarrer en Catalogne début juin. »

« Mais je souligne qu’il ne s’agit que de ma vision personnelle des choses » insiste Hervé Poncharal sur Speedweek.



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