Chaque jour qui passe montre l’effet meurtrier sur les hommes et corrosif sur leur organisation d’un coronavirus qui s’est imposé au monde. C’est lui qui fait la loi, tel que l’a dit l’organisateur du Grand Prix de France Claude Michy, et ce qui est anxiogène, c’est qu’il l’écrit en temps réel. S’adapter relève encore de l’illusion. Il faut donc subir. Pour le MotoGP, qui reste l’arme au pied, c’est un fléau qui peut l’emporter. Ses acteurs en ont pris conscience avec un plan de sauvetage en réflexion. Pour ce qui est de la saison 2020, tout le monde s’accroche encore à une campagne possible. Mais elle sera bien particulière. La tête pensante de Ducati, Gigi Dall’Igna, nous prépare à la suite…

L’urgence est actuellement partout, y compris dans un MotoGP qui doit s’organiser pour sa survie. Son socle et sa vitrine sont le calendrier, remanié depuis qu’il était devenu fatal de faire une croix sur une entame de campagne en outre-mer. Les frontières se fermant, il était raisonnable de se replier vers une date européenne comme Jerez, le 3 mai, pour lancer les débats. Une initiative qui semble déjà lointaine tellement les conséquences de cette pandémie du Covid-19 façonnent le monde quotidiennement.

On attend l’annonce, mais on sait que le mois de mai ne sera pas celui du retour des motos sur la piste. L’Espagne, la France et l’Italie seront, au mieux, repoussés. Mais quand ? La Thaïlande et l’Argentine ont déjà préempté les dates de fin d’année. Et même si le président de la FIM assure que l’on pourra fini l’exercice 2020 en 2021, l’idée de faire les 19 courses attendues commence à tourner à la science-fiction. Ne serait-ce parce que l’on ne sait pas quand tout va reprendre…

Gigi Dall’Igna, l’éminence grise des rouges de Borgo Panigale ne voit pas les choses en noir, mais il évite de plonger dans la béatitude d’un avenir trop rose. Il nous prépare ainsi à une suite inédite avec cette conviction : « l’objectif de Dorna, juste après l’annulation du Qatar, était de jouer le plus grand nombre d’événements, mais je pense que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je pense honnêtement qu’il est impossible de jouer toutes les courses. Avant, il fallait essayer mais nous ne comprenions pas la gravité du problème. Face à la situation actuelle, il sera impossible de continuer dans cette direction. Ce n’est plus une idée réaliste. Il est clair que nous sommes confrontés à un énorme problème, et que les logiques normales ne peuvent donc pas être utilisées. Vous devez faire preuve de bon sens. »

 

 

 

« Décider de ce qu’il convient de faire maintenant est trop tôt : la situation évolue et le programme qui pourrait être fait aujourd’hui, serait totalement à revoir demain. Il est logique d’attendre un peu et de faire le point lorsque vous avez un scénario au moins fiable » ajoute l’Italien qui a néanmoins son idée : « même avec moins de courses, je pense que faire le championnat du monde 2020 est dans l’intérêt de tous. C’est mon avis. Je suis optimiste. Faire 13 courses au lieu de 19 ? Même si le nombre était inférieur à cela, je n’aurais pas honte de l’appeler le championnat du monde. Raisonnablement autour des 10 courses, ce serait toujours un championnat du monde équilibré. Et puis, cet entêtement sur ces 13 courses est quelque chose qui n’a pas de sens : avec une situation aussi grave, les règles peuvent changer pour le bien général du système. »

Il termine sur GPone : « il n’y a pas eu de pourparlers pour le moment mais je m’attends à ce qu’un raisonnement se produise dans les prochains jours car une décision devra sûrement être prise. C’est arrivé, il faut s’adapter. » Ou disparaître.



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